Que signifie « Vivre l’instant présent » ?

Vivre l’instant présent… la formule est tellement utilisée qu’elle en devient galvaudée. Que signifie véritablement cette expression et que sous-entend-elle dans le domaine psychologique ? Aujourd’hui chers voyageurs, nous vous proposons une réflexion, un partage intellectuel, une volonté d’approfondir, en toute humilité, ce qui est, peut-être, le véritable lâcher prise.

Je veux apprendre à vivre l’instant présent !

Pour savoir comment « vivre l’instant présent » on ne manque pas d’informations sur le sujet. Le magazine psychologies.com consacre tout un dossier sur le lâcher prise et l’art de vivre l’instant présent, un autre site listera les 11 étapes pour accéder à la pleine conscience, tandis qu’un autre dédié à la méditation, propose un exercice pour réussir à vivre ce fameux instant présent… Si vous faites des recherches, vous constaterez donc que la liste des articles qui tentent de donner des techniques, des astuces, des « trucs » pour accéder à l’instant présent est longue. Mais personne ne s’interroge sur la cohérence de la chose. Vouloir apprendre à vivre l’instant présent n’est-il pas, justement, fuir l’instant présent ?

Vouloir vivre l’instant présent… en fuyant l’instant présent !?

Imaginez que vous soyez quelque peu usé, désabusé, fatigué par le bavardage sans fin de votre esprit, par vos pensées incessantes, votre projection dans l’avenir, votre éternel retour dans le passé, votre rumination psychologique et que, conscient de votre état, vous vous disiez : « j’ai besoin d’apaisement, de mieux-être ; je vais pour cela améliorer mon rapport au présent et apprendre à vivre ces instants exclusivement situés dans l’instantané, dans l’immédiateté ». C’est bien ce que nous tentons tous de faire n’est-ce pas ? Or, ici, l’instant présent, quel est-il ? N’est-il pas moi, me morigénant, souffrant de mes pensées sans fin ? Donc si je veux changer cet état, cela revient à dire que je veux fuir l’instant présent par ce qu’il m’est désagréable. Voilà ce qu’on appelle un paradoxe. Et si vivre l’instant présent consistait à accepter sans lutte son état psychologique ? Et si c’était ça l’ultime lâcher-prise ?

Tout le monde a vécu l’instant présent

Vous, nous, tout le monde a connu ces moments intenses où il y a une attention totale, un oubli de soi, une relation parfaite avec l’extérieur, du fait justement que notre monde intérieur se soit tu. Nous avons tous eu ces moments fugaces où, il est vrai, une forme de mieux-être laisse entendre que le repos, la sérénité se trouve dans cette direction. Mais ces états, si on veut bien les analyser, ne sont pas advenus par la volonté, par une méthode, par la pensée n’est-ce pas ? Car il faut bien comprendre que formuler « comment » c’est s’éloigner de l’instant présent. C’est refuser ce qui est pour se projeter dans ce qui devrait être et donc dans le futur tel qu’on l’envisage.

Le lâcher prise ou l’absence de volonté et d’effort

Que se passe-t-il si l’on accepte de rester avec le brouhaha de son cerveau, avec la violence des pensées qui s’entrechoquent etc. ? Que se passe-t-il si on ne tente pas de faire évoluer la situation, si on ne fait plus le moindre mouvement de l’esprit pour corriger quoi que ce soit ? Que se passe-t-il quand toute notion de volonté, d’effort est totalement abolie ? Le monde intérieur fusionne avec l’extérieur. Tout se confond avec les bruits, les odeurs… bref tout ce qui est perçu par les sens. N’est-ce pas ça vivre l’instant présent ? Un état d’être sans concentration, sans focalisation ou tout est vécu sans hiérarchisation par le cerveau, sans conceptualisation, sans création de symbole, bref sans pensée.

La méditation

On en vient donc à la méditation. Car c’est bien ça l’état méditatif : un lâcher prise issu de la compréhension profonde qu’il est vain de vouloir agir sur ses pensées. Que toute tentative, toute volonté de changer ce qui est n’est en fait qu’une fuite face au moment présent. On fait face à ce que l’on est, on fait face au problème. Aucune lutte, aucun mouvement, aucune tentative de faire évoluer l’existant. Etre dans une pure observation. Et c’est ainsi que débute le processus de connaissance de soi. Une exploration sans jugement, sans a priori. Comme dit Krisnamurti :

« La connaissance de soi est le commencement de la méditation ».

Prochainement nous aborderons les limites de l’introspection…

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